Indispensable mais de plus en plus inabordable : 89 % des Belges ne peuvent pas se passer de leur voiture, pourtant 78 % la considèrent désormais comme un luxe
Une nouvelle étude européenne montre que les Belges se montrent plus prudents que leurs voisins européens face à la transition électrique.

Les tensions géopolitiques qui font grimper le coût de la vie, l’augmentation des zones à faibles émissions à Bruxelles et Anvers, ainsi que l'échéance européenne de 2035 pour les moteurs à combustion : en 2026, le débat sur la mobilité bat son plein dans toute l'Europe. La question qui se pose partout est la suivante : comment réussir la transition sans exclure une partie des automobilistes ? À la demande de Cardoen, OpinionWay a mené une vaste enquête européenne auprès de 7 036 automobilistes dans sept pays (Belgique, Allemagne, France, Italie, Autriche, Espagne et Royaume-Uni), dont 1 001 Belges. Qu’est-ce qui ressort de cette étude pour la Belgique ? La voiture reste indispensable, mais devient de moins en moins accessible pour un nombre croissant de familles. Le secteur des véhicules reconditionnés peut combler cette lacune, à condition de gagner en visibilité.
Les chiffres clés de la Belgique
- 89 % des Belges affirment ne pas pouvoir se déplacer comme ils le souhaitent sans leur voiture personnelle. Dans le même temps, 78 % estiment que posséder une voiture est devenu un luxe, et 58 % indiquent que la voiture représente aujourd’hui le poste de dépense le plus important du budget du ménage.
- Le budget mensuel moyen consacré par les Belges au financement de leur voiture s’élève à 325 euros. Un Belge sur cinq ne peut consacrer que 100 euros par mois au maximum à sa voiture.
- Seuls 54 % des Belges envisagent aujourd’hui d’acheter une voiture électrique ou hybride. 44 % optent encore pour une voiture à moteur thermique, dont 36 % à essence et 8 % au diesel.
- Seuls 45 % des Belges sont favorables à un renforcement des zones à faibles émissions. La polarisation est régionale : à Bruxelles, 65 % soutiennent cette mesure, tandis qu’en Flandre, 56 % s’y opposent.
- 18 % des Belges envisageraient, « plutôt à très fortement », de se tourner vers un acteur établi du marché des produits reconditionnés lors de leur prochain achat. Parmi ceux qui n’envisagent pas cette option, le manque de connaissances est la principale raison invoquée (30 %). Seuls 11 % émettent des doutes explicites quant à la qualité.
Le paradoxe de la mobilité en Belgique : indispensable mais de plus en plus inabordable
Pour 89 % des Belges, posséder une voiture est aujourd’hui une nécessité : sans voiture, ils ne peuvent pas se déplacer comme ils le souhaitent. Dans le même temps, 78 % d’entre eux considèrent que cette même voiture est devenue un luxe, et 58 % affirment qu’elle représente aujourd’hui le poste de dépense le plus lourd du budget familial. 95 % des Belges estiment que les déplacements coûtent de plus en plus cher, et 94 % s’attendent à ce que les tensions géopolitiques aient un impact durable sur les prix du carburant à la pompe.
Concrètement, les familles belges consacrent en moyenne 325 euros par mois à leur voiture. Un Belge sur cinq ne peut y consacrer plus de 100 euros par mois. Pour ces familles, une voiture neuve est aujourd’hui hors de portée, et l’achat d’une voiture d’occasion classique exige souvent une confiance qu’elles n’ont pas toujours.
Dans la comparaison européenne, la Belgique se situe dans la moyenne en termes de budget mensuel. Le montant belge est supérieur à celui des ménages français (283 euros) et italiens (286 euros), mais nettement inférieur à celui des familles allemandes (387 euros) et autrichiennes (443 euros). La pression sur le pouvoir d’achat des Belges se rapproche ainsi davantage du modèle sud-européen que du modèle nord-européen. Le paradoxe de la mobilité en Belgique n’est donc pas une notion abstraite : il touche une part considérable de la population.
Transition : les Belges disent oui, mais avec plus de prudence que prévu
Seuls 54 % des particuliers belges envisagent aujourd’hui d’acheter une voiture électrique ou hybride lors de leur prochain achat. 44 % optent encore pour une voiture à moteur thermique, 36 % à essence, 8 % au diesel. La Belgique figure ainsi parmi les pays les plus réticents d’Europe. La moyenne européenne s’élève à 60 %, contre 66 % en Italie et 70 % en Espagne. Seuls les Autrichiens (50 %) se montrent plus prudents que les Belges.
Cette prudence pèse également dans le débat politique. Seuls 45 % des Belges sont favorables à un renforcement des zones à faibles émissions. À titre de comparaison : en Italie, où la « zona a traffico limitato » est déjà bien établie depuis des années, 68 % des automobilistes soutiennent ces mesures. Le scepticisme belge constitue ici davantage une exception qu’une règle. La polarisation est par ailleurs très marquée au niveau régional : 65 % des Bruxellois soutiennent les mesures relatives aux zones à faibles émissions, tandis que 56 % des Flamands s’y opposent.
Pour les responsables politiques, la situation est complexe. Le renforcement des zones à faibles émissions à Bruxelles et à Anvers s’accélère plus vite que ne le permet le pouvoir d’achat des Belges. Pour une part importante des ménages belges, une voiture électrique n’est pas encore à leur portée, ni financièrement ni pratiquement, à court terme. Ceux qui conduisent aujourd’hui et souhaitent continuer à le faire ont besoin d’une solution de transition plus récente et plus économique qu’une voiture d’occasion classique, sans pour autant payer le prix fort d’un véhicule neuf.
Véhicules reconditionnés : une réponse à la crise de l'accessibilité
Les voitures reconditionnées allient un prix abordable et la sécurité : elles sont minutieusement inspectées, remises en état et vendues avec une garantie. C’est précisément ce profil qui correspond à ce que recherchent aujourd’hui les familles belges. La réalité belge s’avère moins une question de confiance que de visibilité. 18 % des Belges envisageraient aujourd’hui « plutôt ou très fortement » de se tourner vers un acteur établi du marché des voitures reconditionnées lors de leur prochain achat. Parmi ceux qui n’envisagent pas cette option, le manque de connaissances (30 %) est la principale raison, et non la méfiance : seuls 11 % doutent explicitement de la qualité de ces véhicules.
Le fossé entre la Flandre et la Wallonie est d’ailleurs plus marqué que dans d’autres domaines de la mobilité. La notoriété du plus grand acteur belge du marché des véhicules reconditionnés s’élève à 21 % en Flandre, contre à peine 2 % en Wallonie. La disposition à envisager l’achat d’un véhicule reconditionné n’est pourtant pas moindre en Wallonie. Un marché entier reste ainsi invisible à ses propres yeux, précisément au moment où il en a le plus besoin.
« La question n’est pas de savoir si les Belges aiment encore leur voiture, mais s’ils en ont encore les moyens. Prix des carburants, zones à faibles émissions, assurances, entretien, financement : tout cela devient de plus en plus complexe et coûteux. Ceux qui ont besoin d’une voiture aujourd’hui souhaitent de la clarté sur le prix, l’état et la garantie. C’est précisément cette transparence qui rend possible le marché des véhicules reconditionnés. La confiance est là, seule la visibilité fait encore défaut. » Matthias Gommeren, PDG de Cardoen
Le rapport d'enquête complet :
OpinionWay for AramisAuto - The expectations of Europeans regarding mobility-May 2026.pdf
PDF 2.9 MB
À propos de l'étude
Enquête OpinionWay réalisée pour Cardoen (filiale d'Aramis Group, leader européen de la vente en ligne de voitures d’occasion reconditionnées) auprès de 7 036 automobilistes dans sept pays européens (Belgique, Allemagne, France, Italie, Autriche, Espagne et Royaume-Uni), dont 1 001 Belges. Questionnaire en ligne auto-administré (CAWI), réalisé entre le 14 et le 23 avril 2026, conformément à la norme ISO 20252 relative aux études de marché. Pour l'analyse approfondie du marché belge, iVOX a mené en mai 2026 une enquête omnibus en ligne complémentaire auprès de 1 000 Belges. Tous les chiffres mentionnés dans ce communiqué de presse se rapportent à l'échantillon partiel belge.
Arne Van Ongeval





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